Le temps m'a permis d'acquérir les connaissances nécessaires.
Ma mémoire me permet de prendre l'inspiration
dans la réalité de la vie, elle aiguise mon esprit,
responsabilise mes écrits, me donne le droit d'agir à ma guise,
pouvoir expliquer sur ce papier en quelques lignes,
pour ne pas oublier le déroulement de ma vie d'adulte.
A peine quitté l'adolescence, à la veille de mes 18 ans,
j'étais encore un enfant un peu turbulent, un fanfaron
comme certains jeunes d'aujourd'hui.
Pas des plus virulents, comme ceux qui font valser,
nos aïeux par la ganse de leur sac, usé et fatigué comme eux.
A l'époque point de numéro vert, l'appréhension, des mamans
qui ont peur maintenant de mener à bien l'éducation
de leur enfant à la façon de leurs ainées.
Croyez-moi c'était mieux, elles possédaient l'autorité nécessaire
juste ce qu'il fallait pour éduquer au mieux
car elles savaient ce qui était bien pour leurs progénitures.
Quand une maman corrigeait son enfant,
il prenait juste une raclée, pour ne pas oublier, le mal qu'il avait fait.
Cela ne la rendait pas heureuse, elle avait mal à son c½ur.
Je peux dire merci à la mienne grâce à sa technique,
elle a réussi à nous mettre dans le droit chemin.
ce n'était pas si facile de dresser un barbelé comme moi.
parvenir à cette réussite , ressort de l'exploit
Pour une femme qui s'est retrouvée seule, avec ses six gamins.
Un père qui n'apportait plus rien à sa famille.
Désunie et à l'agonie on ne pouvait plus vivre en harmonie à cause de lui.
Il aimait partir à l'aventure et ma mère était souvent en pleurs.
Le soir, dans nos prières, tous, autour du Sacré-C½ur
ont imploré le seigneur pour que nos jours deviennent meilleurs.
que nos nuits soit étoilées,et nos repas soit régulier
Chez nous, on a du rectifié le tir, la s½ur devenue la mère et la mère devenue père.
Elles ont endossé des habits qui ne leur étaient pas destinés.
Des sacrifies s'opèrent, elles ont fait le nécessaire
pour que je puisse partir au plus vite service militaire.
Elles ont devancé mon appel pour servir ma patrie.
J'ai quitté mon île pour l'hexagone, contingent 06/04/76.
Partir pour la France, le pays qui à multiplié mes espérances,
les débuts ne furent pas aussi faciles.
Français des DOM-TOM je ne maîtrisais pas suffisamment leur langage.
Normal à l'époque pour un gars de mon âge.
J'avais du mal à communiquer dans la langue de ma carte d'identité
seul livré au stage de la vie, dans un pays où je n'avais pas le physique requis.
A.AMMANY